SAINT-LOUIS DU SÉNÉGAL - 3/3
- GOSS -

 

5 mai 2007

Nous nous apprêtons à déjà dire un bref au revoir à la ville de St Louis. Stéphane s'est levé avant nous pour savourer le lever de soleil sur le Fleuve Sénégal, baignant de ses premiers rayons les pirogues et leurs marins qui déjà s'affairent. Nous nous retrouvons en terrasse pour un petit déjeuner paisible, avant de chercher un taxi, direction l'aéroport.

Saint Louis - Au petit matin

Notre ami à la tour de contrôle tente de reprendre les discussions d'il y a 2 jours, concernant les complications avec la douane, qui va nous attendre à Dakar, et les services qu'il nous a rendu... Voyant qu'une contribution de notre part serait fortement suggérée, je décide de joindre le nécessaire à l'agréable, et demande nonchalamment les hauteurs de survol réglementaires de la ville de St Louis. Comme cela semble être un paramètre hautement variable et qu'il pourrait oublier, nous nous quittons bons amis, chacun ayant fait un geste pour l'autre.

Saint Louis - Négociations dans la Tour de Contrôle

Une fois les sacs embarqués dans l'avion (toujours avec autant de difficultés), nous montons à bord, Cyril en place droite en prévision de l'approche à Dakar. Manuel assure le pilotage en place gauche, tandis que Stéphane et moi sommes à l'arrière (une extension du push-to-talk me permet de gérer les communications depuis la banquette).
Décollage vers le Nord, puis survol du majestueux fleuve Sénégal, frontière entre la Mauritanie et le Sénégal, et 1er havre de vie après deux mille kilomètres de désert plus au Nord. Par sa largeur en cet endroit, le fleuve me fait un instant penser au St Laurent que j'ai l'habitude de survoler, et de voir s'agrandir démesurément tandis qu'on s'éloigne de Québec vers l'océan .

Saint Louis - Descente du fleuve Sénégal jusqu'à la ville

Soudain la communication avec l'aéroport devient mauvaise, et nous profitons d'un splendide survol du fleuve pour observer la ville de St Louis, blottie sur son île, le long de la Langue de Barbarie. Tout au Nord, on peut distinguer notre hôtel, et les bâtiments avoisinants.

Saint Louis - extrêmité Nord de l'île

Plus au Sud, le pont Faidherbe, ouvrage de Gustave Eiffel, enjambe le fleuve. Derrière au second plan, l'océan Atlantique étale ses eaux profondes. Au pied du pont, l'Hôtel de la Poste, et le musée de l'Aéropostale.

Saint Louis - Vue sur le pont Faidherbe

Encore un peu plus bas, c'est la mosquée qui dresse ses minarets blancs vers le ciel. Sur la route qui longe le fleuve, on peut distinguer nos jeunes amis qui jouent toujours au baby-foot, comme la veille, à la même place.

Saint Louis - La mosquée

Enfin la pointe Sud de l'île glisse sous nos ailes, et laisse apparaître en arrière plan la Langue de Barbarie. Hier, c'était au pied de ces arbres que nous avions contemplé ce spectacle, et échangé quelques mots avec les enfants, tout en observant le rituel de la pêche au filet et le va et viens des grands pirogues sous le vol des goélands. Tout passe si vite dès qu'on reprend l'avion...

St Louis - Pointe Sud de l'île

Plus bas encore, sur la Langue, le cimetière des marins fait briller ses croix blanches au soleil. Dans ce lieu isolé, entre fleuve et océan, nul doute que les défunts reposent en paix.

Saint Louis - Cimetière des pêcheurs

Et puis finalement c'est l'hydrobase, ou ce qu'il en reste du temps où Mermoz et les autres s'élançaient à bord de ces immenses hydravions. On imagine difficilement la Croix du Sud prendre ici son envol, pourtant. Ni même le Catalina "Princesse des Étoiles", piloté par Patrick Baudry.
Alors on reste incrédule, et de notre avion saluons la mémoire des hommes et des machines, sans vraiment réaliser tout à fait que c'est ici même que tout se déroulait, il y a quatre-vingt ans.

Saint Louis - L'hydrobase

Pour ce qui nous concerne, nous nous garderons bien d'affronter l'océan et son Pot au Noir, et mettons plutôt le cap sur Dakar, en longeant la côté Sénégalaise jusqu'à la capitale. Cyril, dans 1 heure tu retrouveras la ville de ta naissance.

 

suite du voyage... Dakar

* Pot au Noir : zone de très fort activité météorologique, située dans l'Atlantique généralement à quelques centaines de kilomètres des côtes Sénégalaises, crainte par tous les marins et pilotes pour la violence de ses tempêtes.