OUARZAZATE 1/3
- Ballade à travers l'Atlas Marocain -


(14 mai 2007)

Croisant au FL95 (9500ft) depuis notre redécollage de Laayoune, nous poursuivons en VFR on top, au dessus d'un ravissant troupeau de cumulus cantonnés sur la terre ferme. Au loin, ils semblent s'évanouir dans les premiers contreforts de l'Atlas. On tire sur Agadir, et leur demande les dernières informations météo sur l'Anti-Atlas et le Haut-Atlas. Ils nous informent que la couche de nuage se dissipe arrivés à Agadir, et que les montagnes sont dégagées. Il y a juste le sommet du Haut-Atlas qui porte encore trace de mauvais temps.Parfait, nous pouvons donc encore un moment profiter de notre perchoir, comme d'un nid d'aigle au dessus des brumes.

Pour moins écorner ses zones, le contrôleur du terminal d'Agadir nous demande de court-circuiter quelques points de reports, théoriquement obligatoires. C'est tout à notre avantage, et sans même avoir visuel sur la célèbre ville, nous nous enfilons au cap 060°, entre les deux chaînes de l'Atlas :
à gauche, le Haut-Atlas, noyé de brume, et ses impressionnants sommets à plus de 4000m, comme le Toubkal que Stéphane a déjà, bien évidemment, gravis.
À droite, l'Anti-Atlas, avec ses formations plus arrondies, stratifiées, et travaillées par le Sahara qu'elles côtoient.

Haut-Atlas, au fond, entre deux bancs de brume

 

Anti-Atlas, sous notre aile droite

Nous passons vertical de Taroudant, Igoudar, et Aoulouz près de Talouine, et poursuivons à la limite de l'Anti-Atlas, à la découverte de somptueux paysages, alternant entre collines et montagnes, quasiment désertiques, sur lesquelles un soleil déclinant jette de beaux ombrages, et fait ressortir de fascinantes zébrures.

Anti-Atlas

 

Anti-Atlas - Strattes et traces d'installation humaine

Ça et là, à la faveur d'un point d'eau, au creux d'une vallée ou sur un surplomb jadis stratégique, éclosent d'improbables villages. Parfois ce ne sont que des ruines d'une cité qu'on imagine ancienne. Partout, les constructions sont couleur terre, que ce soient les anciennes kasbah, ou les nouvelles maisons ou bâtiments. Seulement quelques très rares bâtiments sont de couleur blanche, souvent réservée aux mosquées qui, toujours, dressent au coeur des villages un minaret pointé au ciel. L'aridité des montagnes qui entourent ces lieux est totale. Au mieux, une poignée d'arbres, des palmiers dattiers en général, indiquent une présence de vie - toujours surprenante, fragile, éphémère. Oasis de vie et de verdure, de civilisation aussi et avant tout.

Le reste n'est que symphonie de couleurs et de formes, rythmée par les rayons du soleil, sur chacun des bords de la vallée qui mène jusqu'à Ouarzazate, au creux de l'Atlas.

Villages et montagnes de L'Atlas

 

Villages et montagnes de L'Atlas

 

Villages et montagnes de L'Atlas

 

Montagnes près d'Askaoum

 

Villages et montagnes de L'Atlas

 

Village de Talouine, plus loin dans la vallée

 

Villages et montagnes du Haut-Atlas (approx. 9000ft d'altitude)

 

Village de l'Atlas

 

Village de l'Atlas, oasis de verdure

 

Villages et montagnes de L'Atlas

 

Villages et montagnes de L'Atlas

 

Plis et replis des montagnes de L'Atlas

 

L'Atlas, montagnes caressées de soleil

À quinze nautiques de Ouarzazate, un énorme cumulonimbus barre le ciel devant nous. Par chance, il vient de passer sur la ville avec ses trombes d'eau, et nous laisse le champ libre pour entamer notre approche. C'est un cadeau du ciel, car nos réserves de pétrole n'auraient peut-être pas permis un déroutement jusqu'à Agadir, et nous aurions dû soit patienter, soit trouver un autre terrain dans la région, sans forcément être très bien préparés pour cela et surtout posséder toutes les cartes et autorisations nécessaires. Le plus souvent, il faut au préalable avoir obtenu l'assentiment du gouverneur de la province, si ce n'est une exception royale.
Mesurant notre chance, nous finissons notre approche dans la lumière sur soir, jetant ses rais d'or au travers du nuage. D'ici, et sur les reliefs si rudes qui nous entourent, la vue est saisissante, presque divine.

Passage du Cb derrière Ouarzazate

Atterrissage à 18:30, sur une piste déjà sèche. Les montagnes autour de Ouarzazate sont encore éclairées par le soleil, et l'on comprend d'un coup d'oeil pourquoi les lieux sont si souvent choisis pour servir de décors aux films internationaux (Astérix et Cléopâtre, Kingdom of Heaven, Gladiator, les Dix Commandements, La chute du faucon noir, ...)

Sur ce coup d'oeil circulaire autour de nous, arrive le pompiste en bicyclette, qui nous accueille avec le sourire, et nous fait le plein d'AVGAS. 125 litres au compteur, donc peut-être 123 litres de consommés depuis Laayoune, puisque ici comme ailleurs, il fait déborder un bon litre de chacun des réservoirs. Pour un parcours de huit cent kilomètres, cela représente une consommation moyenne de quinze litres aux cent kilomètres : pas beaucoup plus qu'une grosse berline!

Ouarzazate - Notre pompiste arrive

Pour compenser tout de même notre empreinte écologique du jour (et pour ne pas gâcher quelques uns des 210 Euros qu'a coûté le plein), nous poussons à la main notre zinc jusqu'au parking, quasiment désert. Moi, debout à l'intérieur, je me cramponne tout en conversant par radio avec la tour qui nous donne les directives pour ce taxiing un peu hors norme.

Ouarzazate - Taxiing a la mano

Nous avons la visite d'un gendarme, alors que nous préparons nos sacs. Après une série de questions, il nous entraîne dans son bureau pour compléter des formulaires. Puisqu'il a besoin que l'on lui communique l'adresse à laquelle nous allons dormir à Ouarzazate, nous lui donnons le nom du premier hôtel sur le guide du Routard : l'Hôtel Atlas. Mais cela ne lui suffit pas, et il veut maintenant les appeler pour confirmer qu'on a bien une réservation chez eux. Chose qu'évidemment nous n'avons pas, l'hôtel à Ouarzazate étant le cadet de nos soucis : les brochures donnent cinq mille lits dans la ville, et nous somme en saison morte.

À peine passé ce gendarme plutôt collant, nous tombons sur la police. Cette fois l'officier est très cordial, allant jusqu'à nous expliquer que le gendarme rencontré ne rate pas une occasion de lui de lui piquer son travail, alors que c'est au policier qu'il revient de plein droit. Classique chicane de voisinage, ici comme ailleurs. Enfin, nous sortons de l'aéroport, plus fourbus que jamais de cette longue étape.

Suite du voyage... Une nuit à Ouarzazate