PARIS
- LES MUREAUX
-
LFXU -
Berceau de notre
aventure.
Bordant la Seine, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest
de Paris, cette piste en herbe a vu naître l'aviation, il y a quasiment
un siècle de cela, quand les premiers hydravions faisaient leur apparition.
Des «Aéroplanes Nieuport» à l'«Aérospatiale»,
le site a connu de multiples activités, et drainé tous les passionnés
d'aéronautique et de spatial.
Aujourd'hui, les 4 pistes de 1000m continuent d'accueillir des avions, et forment
toujours les rêves des pilotes qui y passent, ou qui s'y forment.
Manuel et moi étions de ceux là.
A l'aéroclub
Roger-Janin, jouxtant l'imposant site de recherche, développement et
assemblage d'«EADS Space Transportation» (Ariane 5), Marie-Christine
s'affaire au bureau du club, tandis que Benoît surveille du coin de l'oeil
le 1er laché d'un jeune élève,en s'allumant une cigarette.
Dans l'entre-baillement des immenses portes de l'atelier, on aperçoit
aussi Edmond, son mégot à la bouche, commentant pour lui même
les modestes prouesses du Fox-Alpha:
«Non mais regardez ça! Encore un ingénieur, c'est sûr!
Pfffff. Alors lui, jamais il aura sa licence! Pis tant qu'il saura pas mettre
en route son moteur sans le noyer, il peut toujours courir pour qu'on l'aide...»
C'était hier.
Pourtant déjà
bientôt 5 ans me séparent de mes premiers ébats sur ce terrain.
Mes premiers décollages, premiers cours, premier solo, premiers encadrements,
premières navigations, premiers brevets, premiers voyages. C'était
aux côtés de Georges.
Depuis mon bureau d'EADS à bricoler des fusées, je voyais ces
oiseaux s'envoler devant moi, raser le parking et disparaître au dessus
des bâtiments. J'apprenais à les reconnaître, les envier,
les dessiner au gré de mes cahiers de notes.
Et puis il y avait le Concorde de 11:00 qui passait droit au dessus de nos têtes
pour rejoindre Roissy d'un coup d'ailes. Difficile de résister