MARRAKECH
مراكش
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GMMX -
30 avril 2007
On arrive à Marrakech comme se finirait un conte oriental : dans l'apaisement d'une aventure accomplie - d'un épisode au moins. L'embrasement du soleil couchant révèle toute la mystique de la capitale du Sud, déjà perdue au milieu du désert et des hautes montagnes de l'Atlas qui la bordent. Ville touristique et très "jet-set", Marrakech donne aux voyageurs qui la gagnent - surtout s'ils viennent ainsi du ciel - un goût éphémère de prince d'Orient, le Maroc s'y endormant doucement sous un tapis d'or pur.
| Marrakech - Rêveries d'un prince d'Orient |
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Il est si beau de pouvoir rêver, un pied déjà sur cette terre promise. On laisse enfin derrière nous les dépressions d'Espagne, et le mauvais temps qui nous menaçait. Deux jours - à peine - que nous avons quitté Paris, et nous sommes aux portes du désert. Déjà du sable a coulé sous nos ailes. Bientôt il envahira tout notre univers de ses voiles envoûtants.
| Marrakech - Sur fond d'Atlas |
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L'approche de Marrakech se fait tranquillement, tout le monde (y compris l'avion) accusant un peu le coup de ces deux journées intensives de vol. Le matin nous étions en Espagne, et nous voilà désormais au Sud du Maroc. Quelques nuits sur place nous feront le plus grand bien, avant d'attaquer le reste du voyage. Nous en profiterons aussi pour envoyer quelques nouvelles rassurantes à la famille, qui doivent difficilement réaliser le trajet déjà parcouru, et l'aventure qui se noue.
| Marrakech - 2 jours qu'on est partis |
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Une fois atterri
et la piste dégagée, la tour appelle la voiture "FOLLOW ME"
pour nous guider jusqu'au parking. Mais le véhicule s'avère finalement
en panne, si bien qu'après un peu d'attente au milieu des taxiways, nous
cherchons par nous-même une place pour nous stationner, et finissons à
côté du pilote d'hélicoptère qui partageais avec
nous le ciel de Marrakech juste avant notre atterrissage, et devant qui nous
avons réussi à nous glisser en vent arrière. Salutations
d'usage et quelques commentaires sur la lumière du soir; mais pas un
mot sur notre aventure, encore toute intérieure.
Sans attendre, le camion de refuel arrive et s'engagent les habituelles discussions
sur le prix de l'AVGAS, la devise, et les check de routine. Le professionnalisme
du pompiste en dit long sur l'achalandage de cet aéroport rempli d'avions
de luxe, qui rompt avec Tétouan, et tout ce que nous connaîtront
plus loin. Difficile de leur arracher un centime, et tout semble bien réglé.
La place est chère, on le sait : il n'y a qu'à voir les jets privés
qui nous encadrent pour constater qu'on fait un peu amateurs dans notre avion
de bois et de toile!
| Marrakech - refuel professionnel |
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Qu'à cela
ne tienne : cette double différence nous plaît, et c'est pieds
nus, tapis de sol sous le bras que nous traversons le tarmac encore chaud, sous
le regards incrédule des employés locaux.
Les formalités policières nécessitent qu'on fournisse une
adresse pour rester sur Marrakech. Venant à peine d'ouvrir le Guide Bleu
de 1970 des parents de Stéphane, on se montre hésitant sur notre
destination... ce qui éveille doutes et méfiance dans l'oeil des
policiers. Camping? Auberge de jeunesse? On leur demande leur avis, sans toutefois
être bien convaincu que c'est la chose à faire. La ville a beaucoup
changé en trente ans avec le tourisme, et les campings se sont relocalisés
bien loin en banlieue. La discussion continue jusqu'aux taxis, où un
éreintant marchandage draine nos dernières forces. Nous nous mettons
finalement en route pour l'Auberge de Jeunesse, que nous rejoignons en une dizaine
de minutes. Sur place, nous nous écroulons sur les lits et jouissons
quelques minutes d'une micro sieste pas volée.
| Marrakech - Oasis aux portes du désert |
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Mais rapidement, l'envie de découverte surpasse la fatigue, et c'est à travers la nuit, avec une idée assez vague des directions à prendre, que nous marchons la place "Jama El Fna", le cur de la vieille ville. Après les incontournables jus d'orange pressés qui sont un pur régal pour les papilles, nous capitulons devant les assauts répétés des rabatteurs des tentes-restaurants qui envahissent la place sitôt l'obscurité venue. Ici les mendiants sont hors la loi, et la police a fait appliquer durement par le passé ces règles qui visent à immuniser le touriste contre tout contact trop rapproché avec une réalité marocaine peu reluisante que beaucoup préfèrent ignorer. Rassuré sur la sécurité de leur portefeuille, le visiteur emporte et diffuse une image épurée de Marrakech; l'Afrique sans l'Africain. Et le cours de la vie économique va ainsi. C'est à peine si quelques gamines au regards importants osent vous aborder pour "vendre" à la sauvette un paquet de kleenex, ou demander du change sur 0.25 euros. Si cela n'enlève rien aux saveurs du jus d'orange et à la soif qu'il épanche, le coeur reste sec et serré face à ces contrastes qui le confrontent en permanence.
| Marrakech - Place Jamma El Fna |
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Le rythme de ce début de voyage excite notre envie de découverte jusqu'à l'étourdissement : bains de foule, brochettes d'agneau, attractions publiques, labyrinthe de ruelles, bougainvilliers en fleurs, allergies, appels à la prière; longue marche de retour, thé, menthe, grille fermée, allongés, noir. Tout se bouscule dans ma tête et je m'endors, assommé de fatigue, à 2500km de chez moi.
1er mai 2007
Revigorés
par une nuit de sommeil, nous partons à l'assaut de la ville avant que
la température ne monte.
1er mai oblige, des banderoles ont ce matin envahi (certes timidement) une place
de Marrakech. Sous bonne escorte, les manifestants et syndicalistes de tout
poils affichent leurs couleurs et revendiquent dans le calme et la mesure. Si
l'image peut surprendre sous la monarchie Marocaine, elle intime le respect
pour ces gens qui aspirent à de meilleures conditions, pour eux et pour
tout le peuple qu'ils représentent. Sujets inattendu de discussion où
les langues se délient peu, mais les coeurs restent vaillants.
| Marrakech - Parfum de 1er mai |
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Bien vite cependant, les couleurs du Maroc nous emportent dans un noeud inextricable de ruelles, sillonnées par d'innombrables mobylettes, vélos, charrettes à ânes ou à bras, au milieu d'échoppes minuscules aux bords desquelles on ne peut qu'arrêter son regard quelques secondes, "pour le plaisir des yeux" comme aiment à dire tous ces marchands dans un mélange d'humour et de respect. Le commerce, sous toutes ses formes, toutes ses coutumes. Tout est à vendre. Et toute vente est raison à s'arrêter un moment et échanger avec "son frère" plus que quelques dirhams : du temps et des mots.
| Marrakech - Pour le pplaisir des yeux |
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| Marrakech - L'empreinte du temps |
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| Marrakech - Sur 2 roues |
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A mesure que les heures tournent, les yeux et le ventre communiquent leur excitation et tombent d'émoi devant les étales des marchands. Les fruits, les épices les plus variées, les odeurs les plus subtiles se mélangent en une symphonie de sucré, salé, et bien vite le plaisir des yeux ne suffit plus, il faut aussi goûter! Ainsi, la journée se ponctue de haltes dé gustatives dès que l'un de nous quatre cède à ses pulsions stomacales, et nous partageons religieusement ces nouvelles offrandes. L'appétit nous revient heureusement bien vite pour profiter en fin de journée d'un succulent tagine ou autre plat local, toujours coloré et appétissant.
| Marrakech - Pâtisseries |
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| Marrakech - Noix et fruits séchés |
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| Marrakech - Grand classique des épices |
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Et puis dans l'agitation de la ville, on s'offre parfois une parenthèse; on s'assoit dans un coin de rue, et au lieu de passer et d'être vu, on s'absente et observe la vie qui continue, imperturbable. Les mobylettes passent. Les enfants jouent. Les marchands marchandent. Les femmes reviennent du marché. Les hommes se saluent, main sur le coeur. La police veille. Les couleurs dansent, d'un bout à l'autre de la ruelle. Notre univers pour un instant. Clic. On fige le temps, on se souvient déjà. On emporte de quoi méditer, plus tard. De quoi nourrir l'esprit de cultures lointaines, d'ailleurs. Et ainsi les jours passent, les heures défilent. Des portraits dansent dans ma tête, des sourires en mémoire, des gestes saisis au vol. Tout ce qu'il nous reste de ce monde effervescent, parfois, c'est une porte ouverte dans sa tête, ce qui reste quand on a déjà oublié, un peu.
| Marrakech - Salutations |
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| Marrakech - Cadeaux de mariage |
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| Marrakech - En famille |
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| Marrakech - Motard |
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| Marrakech - Enfants |
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| Marrakech - Cyril |
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On respire mieux sur les toits de la ville, d'où la vue est splendide, malgré les forêts de paraboles pointées vers le ciel. Les montagnes de l'Atlas entourent Marrakech et dressent leurs sommets encore enneigés comme les mats d'un berceau pour la cité. Les cigognes se donnent aussi rendez-vous par dizaines sur ces toits accueillant et bordés de verdure. C'est une place idéale pour lire un peu, reprendre sous souffle avant de replonger dans la cité, avec toujours pour unique plan de s'y perdre pour de bon, et trouver ainsi un peu le peuple qui l'habite.
| Marrakech - au coeur du Monde |
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| Marrakech - Place Jamma El Fna |
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A la faveur de la nuit, les étroites ruelles se parent d'une incroyable atmosphère sombre et orangée, où tous se croisent sans plus se voir. Rien à envier aux quartiers sombres de Prague. Au hasard des rues et des enseignes, dans ce monde mystérieux qui regagne ses droits, nous bifurquons dans un passage obscur et poussons la porte d'un ryiad, riche demeure à ciel ou vert qui, derrière ses épais murs de terre, procure aux invités tout le luxe, bien être et volupté dont il peut rêver ici. Évidemment, tout se paye et, raisonnables, nous optons pour une chicha et quatre thés à la menthe. Au dessus de nos têtes, un ciel étoilé se dresse. Un croquis pour tout souvenir, cet espace de quiétude clôt de manière somptueuse cette première halte Marocaine de deux jours. Demain, une fois de plus, le Sud nous attend. Mais cette fois, c'est aux confins du Sahara qui nous nous projetons.
| Marrakech - A la faveur d'un Ryiad |
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