TARFAYA - طرفاية
Cap - Juby

(14 mai 2007)

Retour donc à Cap Juby, direction Nord cette fois. Passer ce point, c'est comme dire au revoir au désert, si ce n'est au Petit Prince. C'est refermer le livre, emprisonner les souvenirs.
La côte, saupoudrée de petits cumulus à mesure qu'on approche de Tarfaya, nous laisse jouir des derniers instants de cette solitude extrême. Dans l'avion, on se prépare à faire notre au revoir, et les lacs de sel au Nord de Laayoune ne suffisent pas à détourner notre regard de cette côte à jamais vide.

Cap Juby - Au revoir, Petit Prince

A bord, chacun écrit un message, laisse un pensée, un autographe dans notre exemplaire du Petit Prince.

Tarfaya - sous nos ailes, pour la dernière fois

Quand chacun a ajouté son mot, sa trace dans le désert, un solide ficelage est réalisé, pour aider notre messager à passer les épreuves du temps. On entrouvre la verrière, au dessus des sables. Les mots s'envolent, virevoltent, disparaissent ("au creux d'une dune, un mile ou deux au Sud-Est de l'escale", raconteront les légendes). C'est bien pour ça, aussi, que l'écriture existe.

Le Petit-Prince regagne ses moutons

Souvenir impérissable, une poignée de mots qui disparaissent. Peut-être un jour quelqu'un les lira. Non, sûrement jamais; et c'est tant mieux ainsi. Les mots, le ciel, l'avion, réunis dans nos souvenirs intimes.

Dans le ciel de Cap Juby

La gorge serrée, et les yeux embués, un peu seul dans mon cockpit, je sens mon coeur ébranlé par ce dernier passage. Magie des mots, des émotions; humaines, créatrices. Fondement de ce voyage, et source de récit.

suite du voyage... L'Atlas et Ouarzazate