TARFAYA - طرفاية
(Cap Juby)
| Christine Coste - Le Monde |
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De Tan-Tan à Tarfaya Tarfaya, anciennement Cap Juby, escale de l'Aéropostale et cadre de vie de Saint-Exupéry durant dix-huit mois, en est une autre. 185 kilomètres, indique la borne kilométrique au départ de Tan Tan Plage. Autrement dit, trois heures de route. En réalité, davantage. D'arrêt en arrêt, l'estimation s'évanouit en effet dans les oueds peuplés de flamants roses, les dunes de sable et les eaux vert émeraude de la lagune de Naïla parsemée de colonies d'oiseaux. Falaises et longues plages nues s'intercalent, cahutes de pêcheurs, regroupées ou isolées, s'égrainent le long de la côte, à portée de voie et de parois tombant à pic dans l'océan. Le désert aux étendues rêches qui leur fait face développe un autre territoire sans fin, rendu aux bruits de la circulation et parfois à ceux du vent. Les campings cars, qui peuplent les aires panoramiques depuis Agadir, se raréfient. Camions et voitures n'en continuent pas moins leur va-et-vient. La route menant en Mauritanie, au Mali et au Sénégal depuis le Maroc est connue pour ses trafics en tout genre. Aucun bateau ne s'arrime le long de ce littoral ; la pauvreté balaie les rêves d'embarcation. La pêche s'organise autrement, en bordure de falaise ou le long de murs écornés sur lesquels les pêcheurs prennent appui. Fragilité de l'assise. Les épaves de bateaux, échouées sur les plages, renvoient à d'autres tempêtes. Fascinantes carcasses rouillées dans ce champ désertique de sable léché par les vagues donnent figure de cité des mers ravagée par on ne sait quelle bataille. En ces latitudes, les tumultes et les courants contrariés et mortels de l'océan sont connus de ceux qui les fréquentent. Tarfaya s'annonce, îlot de maisons regroupées autour d'un minaret, voilée par un halo de brume. A l'écart de la route courant vers Laayoune et Dakhla, l'ancien comptoir anglais puis espagnol a perdu de sa splendeur. Anciens cinémas et bâtiments officiels Art déco à l'abandon témoignent du passé riche et tumultueux de ce petit port de pêche cerné de sable et de dunes, connu autrefois sous le nom de Cap Juby. Mélancolie et langueur d'une ville oubliée, assignée à la pauvreté et au présent ombré d'une histoire dont on aimerait avoir connu quelques passages. Pendant des siècles, Tarfaya fut un point de ravitaillement et de chargement des caravanes en provenance de Tombouctou et de Smara. Elle fut aussi une étape de la ligne Toulouse-Dakar de la Société d'aviation Latécoère. Lire l'histoire entre les murs... Parcourir alors la piste de l'ancien aérodrome au trait noir inscrit sur un parterre de sable doré, laisser de côté le bâtiment en ruine de Latécoère reconstruit pour les besoins d'un film sur Saint-Exupéry et passer (enfin) de l'autre côté de la dune, sur une plage blanche, candide et sans attente. Extrait de: |
| Amandine Penna - Le Monde |
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Passage à Tarfaya Tarfaya est une ville côtière lovée au fond d'un cul-de-sac. La route du Grand sud l'évite soigneusement. Les touristes lancés vers la Mauritanie à bord de leurs gros véhicules tout-terrain filent le plus souvent directement à Lâayoune. Pourtant, Tarfaya reste une escale historique celle des objets volants. Dernièrement, des milliards de criquets rouges sont passés dans les parages. Nuage couleur sang bouffant tout ce qui avait des feuilles, obstruant les radiateurs des voitures jusqu'à en faire chauffer les moteurs, laissant un mauvais souvenir aux habitants de la région. Bon souvenir, celui-là. C'est celui des biplans d'autrefois conduits par les pilotes de l'aéropostale qui faisaient escale sur la plage, ici au cap Juby, face aux îles Canaries. Dans leur parcours entre Toulouse et Santiago du Chili (lignes créées en 1918), ces pionniers avaient bien besoin de se reposer de temps à autre et de remettre du carburant dans les réservoirs de leurs coucous chargés de courrier. Un biplan miniature en métal, peint en vert et à jamais figé sur son socle, trône à la mémoire de ces héros du ciel. Une grappe
d'enfants courent autour de la stèle, s'accrochent aux petites
ailes de l'avion. Je leur demande s'ils savent à qui il appartenait.
Ils me regardent avec les mêmes grands yeux incrédules
que ceux du Petit Prince découvrant le mouton dessiné
par un pilote égaré dans les sables... Visiblement, ces
enfants ne savent pas qui est l'aviateur-écrivain. Antoine de
Saint-Exupéry, et que c'est ici qu'il a eu l'inspiration d'un
petit bonhomme qui leur ressemble. Flanqué de deux de ses acolytes défenseurs du patrimoine local, Sadate traverse à présent la plage en direction de la Casamar, comptoir commercial fortifié situé sur un îlot juste en face de Tarfaya, construit, paraît-il, en 1880 par un anglais. « C'est le plus ancien monument de Tarfaya, malheureusement, il tombe en ruine, et nous n'avons pas les moyens de le sauver ». Sadate et ses amis ont bien compris qu'il faut absolument valoriser leur ville natale, en souvenir de son passé, mais aussi pour son développement à venir. Ils espèrent que les touristes motorisés feront peu à peu le voyage jusqu'à Tarfaya. Une sorte de pèlerinage, comme les pilotes du rallye aérien Toulouse-Tarfaya-Saint-Louis, chaque année de passage sur les traces de l'aéropostale. Extrait de: |
| Rachid El Rbati - La bienvenou au Maroc |
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lundi,
03 avril 2006 Ensuite
Cap
Juby
Sur les traces de St Ex, qui fut ici chef descale en
1928. La route est superbe, parfois le sable reprend ses droits. Les
déchets aussi viennent joncher les plages : papiers gras, conserves,
caisses éventrées, épaves de navires échoués,
etc. "
La terre nous en apprend sur nous, plus long que tous les livres. Parce
qu'elle nous résiste. L'homme se découvre quand il se
mesure avec l'obstacle." Extrait de: |
| Christine Coste - Le Monde |
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De Tan-Tan à Tarfaya Apparaît
alors un grand ciel bleu qui illumine la terre et locéan.
Un bord de mer plat cède la place à quelques escarpements
du meilleur effet. Lenvie daller voir, je pousse sur le
manche et descend y regarder de plus près. A 100 mètres
au dessus du relief japprécie mieux les 250 km/h de la
machine. Le paysage défile à toute allure. Sur la route
trans-africaine les poids lourds traînent leurs cargaisons. Merci Monsieur
Latécoère, vous qui avez osé braver les critiques
et les quolibets, vous qui nous permettez aujourdhui de faire
le chemin en touriste aventurier. Vous nétiez pas seul,
de nombreux personnages qui illustrent lhistoire de laéronautique
vous ont accompagné dans cette entreprise. Je ne rappellerai
que les plus connus, Mermoz et St Exupéry sans omettre le rôle
primordial que jouèrent tous les autres. La piste
de Cap Juby, dont le poste des Lignes Latécoère fut administré
par Saint Exupéry lui même. Extrait de: |