IFRANE - افران
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GMFI -
| Ifrane - Hauts plateaux |
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17 mai 2007
Nous
nous levons aux aurores et refaisons en vitesse nos sacs. La ville de Fès,
encore presqu'endormie, s'éveille doucement tandis qu'on la traverse,
à pied, en direction de la gare routière. Nos sacs et sept tapis
sur le dos, itinérants dans cette auguste cité, nous poursuivons
notre chemin le long des remparts de la vieille ville, et débouchons
finalement sur les autobus régionaux.
Évidemment, les quatre voyageurs que nous sommes attirent les regards
et les petites arnaques. Aussitôt arrivés devant l'arrêt,
un homme vient jouer les intermédiaires et s'improvise agent de voyage,
préposé aux tickets ou employé de la gare - peu importe.
Nous esquivons poliment ses avances un peu louches, et finissons par payer
nos billets directement au chauffeur.
7:00, le moteur tousse et le bus s'élance pour quitter la ville.
Il nous faudra
deux heures pour rejoindre Ifrane, à travers une belle campagne de
plus en plus verdoyante à mesure que l'on gagne en altitude, sur des
reliefs plutôt doux. Entassés sur les banquettes, les genoux
encastrés dans les dossiers de devant, nous souffrons tous un peu,
et c'est peut-être ce qui nous rapproche; jeunes, vieux, hommes, femmes,
habitués ou nouveaux venus. Malgré les chaos, les kilomètres
défilent et tout n'est déjà plus que souvenirs lorsque
nous descendons, une fois arrivés, pour respirer le bon air qui se
trouve ici, loin des cités poussiéreuses et polluées
- toutes royales soient elles - que l'on trouve hors des montagnes.
| Ifrane - Dans la rue |
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L'ambiance ici est différente des autres régions du Maroc :
le décors verdoyant, alpin, donne en ce printemps une couleur plus
gaie aux visages, et gomme je crois certains aspects de la pauvreté
- son côté le plus honteux, peut-être. Je repense aux Balkans,
j'imagine le Caucase. La misère paraît souvent plus digne dans
les campagnes, dans les montagnes : le climat ravine les visages. Mais il
les ferme également : les hommes intériorisent leurs peines,
creusent en eux-mêmes de quoi les y enfouir, les laisser hiberner -
souvent pour toujours.
Pourtant, quelque chose de plus dérange en ce lieu : c'est la ville elle-même. Ifrane n'est pas Tabriz; en plein Moyen Atlas Berbère, c'est un village Suisse hors contexte, un lieu de résidence temporaire et d'extravagance, qui pousse là depuis plusieurs décennies. Tel a été scellé le destin de ce village, en 1929, quand un arrêté viziriel a déclaré l'a "centre d'estivage pour les colons Français". Aujourd'hui, c'est le plus grand centre de villégiature marocain, sans parler de la station de ski, courue à travers tout le pays. Un décalage hors contexte qui choque peut-être plus ici qu'ailleurs.
| Ifrane - Improbable station de ski |
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En
sortant de la station de bus, nous faisons le plein de fruits et achetons
un poulet au petit marché attenant. Nous pensons déjà
aux provisions pour la randonnée qui nous attend, et à la nuit
de camping qui se prépare. Nous n'avons encore pas trop idée
d'où nous allons finir, mais ce sera loin de la ville, c'est sûr.
Au bout du marché, nous tombons sur le "Café des Sportifs"!
Ça ne s'invente pas. Levés depuis bientôt cinq heures,
nos estomacs réclament une halte - bien vite accordée. Crêpes,
cafés, et jus d'orange. Un excellent départ pour la journée,
qui sous un franc soleil s'annonce radieuse.
Toujours lourdement chargés, nous cherchons non sans mal l'office de tourisme, une boulangerie, et la poste. C'est le bureau de Poste que nous découvrons le premier. Nous y faisons halte, pour se délester d'un bon dix sept kilos de tapis, que l'on expédie en France, pour deux fois trente euros. Nous complétons nos courses à l'épicerie "Les Cigognes", pour les repas à venir, et finissons nos allers-retours à travers le village à l'office de tourisme, qui n'a malheureusement que de maigres informations à nous communiquer, malgré les merveilles qui parsèment les différents parcs de la région. Le souci, c'est que pour se procurer la carte de la région il faut aller à Fès ou à Rabat. Soit. On s'en sort en photographiant par pans la carte murale affichée dans le local. Sur le terrain, on pourra toujours visionner ces clichés sur l'écran numérique et s'en servir comme carte mobile. Nous décidons, un peu au hasard, d'un itinéraire approximatif pour la journée, à travers la forêt de cèdres, de hauts plateaux et quelques villages. Chacun essaie d'en mémoriser le tracé, tandis qu'à tour de rôle nous soulageons nos intestins dans les premières toilettes "européennes" rencontrées depuis quelques semaines, avec papier toilette s'il vous plait! Un luxe que nos cuisses et mollets apprécient.
| Ifrane - Carte des environs |
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Un petit taxi plus tard, nous sommes à l'aéroport pour déposer
nos sacs et ne prendre que le strict minimum pour la randonnée. J'en
profite pour passer le bonjour au bureau de piste, et présenter, enfin,
mon vrai passeport aux autorités, afin d'être vraiment en règle
et de retrouver par le fait mon permis de conduire.
C'est cette fois parti pour une ballade, un peu au hasard, à travers les terres de l'Anti-Atlas en direction du village d'Arzou. Aucune véritable idée des chemins que nous empruntons : sitôt la route traversée, nous marchons à travers l'imposante forêt de chênes et de cèdres qui dressent leurs cimes bien au dessus de nous. Le décor est somptueux. Nous montons vers les sommets, trouver les hauts plateaux repérés sur la carte. Les arbres, parfois gigantesques, laissent pousser au sol un agréable tapis herbu. Un sentiment de liberté m'habite, à tracer ainsi notre chemin entre les géants multi-centenaires; prendre le temps de fouler cette autre nature, si accueillante au regard des contrées jusqu'ici traversées. Le soleil brille dans nos coeurs, et nous guide vers une direction approximative. Il n'est pas besoin de mots pour avancer, tous ensemble, vers l'inconnu d'une journée déjà réussie.
| Ifrane - Marche en forêt |
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Sortis du bois, les cèdres font place à des paysages de rocaille, rudes pâturages pour quelques troupeaux. Nous coupons tout droit à travers et rencontrons un chemin au bord duquel se trouvent deux bergers bien sympathiques. Leur chien, maigre, nous questionne du regard. Nous échangeons timidement quelques mots avec eux, bien qu'aucune langue commune ne soit à notre portée. Les regards et les rires font le reste.
| Ifrane - Nos amis bergers |
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Mais ce serait mal connaître Cyril que de croire qu'il s'agit là d'une barrière en nous. Les mots s'inventent, se plient à la volonté de dialogue, se mélangent et s'échangent. On s'écrit des noms, des adresses. On fait quelques photos. J'aimerais tant pouvoir passer plsu de temps avec eux, apprendre et communiquer malgré les langues, les cultures, les emplois du temps.
| Ifrane - Dialogue |
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Dans de grands signes d'au-revoir, nous nous quittons sur ce chemin, chacun dans une direction. Eux vers leur troupeau, au Nord. Nous à la recherche d'une source indiquée sur la carte, plus au Sud. Nous continuons encore un bon moment, mais toujours rien. A défaut, nous avisons une belle clairière pour s'offrir une pause déjeuner... doublée d'une bien agréable sieste, sous l'ombre majestueuse d'un cèdre centenaire.
| Ifrane - Sieste en forêt |
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Les
yeux mi-clos, je pense déjà à demain; la longue journée
de vol, qui devrait si Dieu le veut nous emmener jusqu'en France. Plus de
mille kilomètres encore nous en séparent et le passage par l'Espagne
n'est jamais une étape facile. Le relief, la météo, et
les zones de Madrid qui empêchent toute circulation au centre de la
Péninsule Ibérique nous rendent la tâche ardue, et bien
que l'on ait en tête plusieurs plans de secours, rien n'est vraiment
décidé pour cette branche du parcours. Et puis il y a les douanes,
à ne pas négliger quand on rentre en Europe - surtout venu d'Afrique,
il faut l'avouer.
Mélange donc d'appréhension de ce retour, et de nostalgie de
l'aventure qui s'achève.
| Ifrane - Réflexion |
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Manuel,
lui, paraît moins soucieux. Il a sûrement raison. Le fait que
l'on puisse compter l'un sur l'autre pour tous ces vols est vraiment la clé
de ces voyages débutés il y plusieurs années de cela.
Chaque fois, nos différences de caractère se complètent
et s'additionne pour offrir un niveau optimum d'aventure, de sécurité
et de bonne humeur à bord comme au sol. Une impulsion pour lancer ce
rêve, un support solide, une organisation, une folie partagée,
le doute, le calme, l'expérience, la précision. Et toujours
la confiance.
J'ai déjà hâte de réinventer de nouvelles aventures,
et de m'y lancer avec lui. Avec eux tous, si possible. Mais il faut être
réaliste et je doute qu'une telle opportunité de se retrouver
tous les quatre ainsi pendant trois semaines se reproduise dans notre vie.
Les années passent, et les rêves évoluent. Chacun a sa
trajectoire, et c'est très bien ainsi. Ça me sert à ça
la nostalgie : un bouillonnement de sentiments qui prolonge les voyages et
les amitiés tout au long de nos parcours.
| Ifrane - Sieste en forêt |
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Nous
repartons à travers de la rocaille et des arbustes un peu rabougris.
En chemin, une vaste propriété élance une haie de peupliers
bien droits dans le ciel.
Plus loin, nous traversons un petit village étiré autour d'une
série de bassins de pisciculture. Ça doit être Sidi Rachid.
Une ou deux auberges proposent des chambres pour la nuit. Le cadre est joli
- belle source d'inspiration pour une semaine de détente et de retour
sur soi. Nous croisons peu de monde sur notre chemin, mais toujours beaucoup
de sourires, qu'ils viennent de vieux assis sur un trottoir, ou travaillant
au champ, de plus jeunes en rade sur leur mobylette, ou de femmes dans leur
cour.
| Ifrane - Sur la route d'Arzou |
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| Ifrane - Sur la route d'Arzou |
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Nous rejoignons finalement la route principale à Ougmas. Nous longeons le bitume et poursuivons vers le Sud, en prenant garde aux camions et autobus qui roulent à des allures folles. Mais nous ne sommes pas seuls : de chaque côté de la route, beaucoup marchent comme nous, et les rangs grossissent à mesure que l'on s'approche d'Arzou : des classes d'écolières, rentrant des cours; des marchands, des passants, ayant tous l'habitude de marcher cinq ou dix kilomètres à chaque jour, en échangeant des mots d'un bord à l'autre, se connaissant tous. Peut-être certains commentent-ils notre groupe? Les filles rentrant de l'école semblent à la fois intriguées et gênées de porter leur regard sur nous trop longtemps. Sûrement ont-elles, comme toutes les autres personnes que l'on a croisées ici et ailleurs, leur opinion et jugement à partager sur les étrangers que nous sommes. Peut-être nous associent-elles à ces gens qui se font construire ici d'incongrus palais de leurs rêves, leurs mille et une nuits de béton et de brique rouge - à mon goût, atroces débauche de mauvais goût et d'irrespect. Comment leur dire.
| Ifrane - Sur la route d'Arzou |
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Et puis, au terme d'une bonne journée de marche, nous arrivons finalement au petit village qui surplombe Arzou, à flanc de montagne. Fantastique. Je ne saurais dire ce qu'il a d'exceptionnel, ce hameau; c'est peut-être juste la lumière qui l'enveloppe, les collines alentours; ou le simple fait qu'il est pour nous au bout du chemin. Notre ultime découverte avant le grand retour. Je ne sais pas. Ce dont je suis sûr, c'est que ce sentiment, ce battement du coeur, nous l'avons ressenti et partagé tous les quatre, sur la corniche, en descendant à travers le village, et en se retournant sur nos pas pour mieux le contempler.
Peut-être représente-t-il un peu ce qui nous a silencieusement manqué : le temps de fouler la terre à notre rythme, de traverser lentement des villages, de s'éloigner suffisamment des aéroports pour sentir le coeur de la terre battre plus fort.
| Arzou- Village surplombant la ville |
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Notre passage à travers ce village éveille une certaine curiosité - partagée. Arrivés au milieu de la distribution d'eau, ce sont des regards d'enfant surpris qui nous figent un instant. Ici, rien des facilités dont disposent les villes modernes pour faciliter le quotidien. Pourtant seul un ou deux kilomètres séparent le village de la ville.
| Arzou - Collecte de l'eau |
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Parvenus en bas, nous nous retournons vers ces maisons, vers ces yeux croisés toujours trop vite. La perspective, sur l'instant, me paraît fabuleuse, avec les blés qui ondoient autour de nous, parsemés de coquelicots, et les ombres longues que le soleil déjà bas trace au pied des gens. Sur le côté, le minaret de la ville surgit, et nous goûtons au plaisir de retenir encore un peu notre entrée dans la ville; nous restons en marge, à suivre des yeux les pas des gens qui convergent vers la cité, ou qui s'éloignent dans le balancement indolent de leur âne.
| Arzou - Village sur les hauteurs |
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Des
femmes passent le long d'une haie de pins, en direction de la ville. Les blés
leur arrive à la taille, et leur djellabas aux couleurs vivent prennent
des teintes chaudes dans soleil du soir. Sur le muret de grosses pierres,
à l'ombre, trois jeunes hommes les regardent passer, sans piper mot.
De l'autre côté de la haie, un vieil homme promène ses
moutons, le long des barbelés. Puis il les écarte, paternellement,
pour faire passer ses protégés de notre bord.
Autant de scènes banales, de rien. Mais qui ce soir me touchent d'un
frisson d'humanité. Comment se l'expliquer?
| Arzou - Berger |
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Rendus
en ville, nous complétons nos provisions par quelques fruits achetés
au marché. Avant de rentrer, nous nous offrons un peu de repos en terrasse
d'un café, tout en grignotant quelques noix que je suis reparti marchander
dans une rue avoisinante. Je crois d'ailleurs que c'est à cet instant
que j'ai vraiment compris le principe d'usage du marchandage : s'entendre
sur un article, une quantité et un prix qui, individuellement, nous
satisfassent mutuellement. Il n'y a pas de "bonne affaire" ou "d'arnaques"
: je crois qu'il y a juste un prix que l'on est prêt à mettre
pour combler un besoin, ou une envie; et surtout, en être satisfait.
Petite leçon que j'aurais dû apprendre plus tôt, sûrement.
| Les rues d'Arzou |
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On
se propose d'abord de rentrer en grand taxi à Ifrane, mais finalement
un autobus est justement prêt au départ. Sur la petite place
en contrebas s'est installée une fête foraine d'où retentissent
des cris d'enfants. Nous montons en vitesse, er expliquons au chauffeur que
nous aimerions descendre à la jonction de la route de l'aéroport,
un peu avant la ville. Il acquiesce. Nous prenons place sur une banquette,
et le monstre démarre dans un fracas et un nuage grisatre. C'est un
vrai tape-cul; mais pour cinq dirhams, nous ferons bien avec. Arrivant à
la croisée des chemins, le chauffeur manque de peu notre arrêt,
et nous descendons. Le bus s'éloigne et seul son vrombissement retentit
plus loin dans la vallée.
Dans le calme soudain, toute la pression de la journée retombe en silence.
La nuit s'est presqu'installée, et seul le bruit des criquets accompagne
nos pas vers l'aéroport. Les montagnes devant nous livrent des ombres
chinoises de leurs crêtes, sur on dégradé de ciel, mariant
pour une seconde l'abricot de l'horizon avec le bleu acier du ciel déjà
piqué par Vénus ainsi qu'un délicat croissant de Lune.
Je décide de retirer mes sandales, qui me créent des ampoules,
pour plutôt marcher pieds nus sur l'asphalte - mauvaise idée,
qui ne fait qu'enflammer mes voûtes trop tendres.
| Ifrane - Nuit de camping sur l'aéroport |
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Sur
ces entrefaites, une camionnette arrive sur la route déserte de l'aéroport,
et s'arrête à notre hauteur. Inquiétude, doutes. C'est
en fait le commandant de la base qui, très gentil, nous reconnaît
et nous dit de nous installer sur l'aéroport pour camper, qu'il n'y
a aucun soucis avec ça. Il ajoute même que si des militaires
débarquent et posent des questions, qu'ils le contactent. Parfait!
Nous sommes bien soulagés d'avoir ainsi l'aval des autorités
pour faire... ce que nous avions de toutes façons un peu prévu,
avec ou sans autorisation.
Dans la noirceur, nous sortons donc le matériel de l'avion, pour aller
planter la tente à deux pas de l'a piste, dans l'herbe. Chacun à
sa tâche et la popote commence à sentir bon. Au menu : soupe
chinoise, pâtes au thon, olives, tomates et épices. Un régal,
comme tous les plats que l'on mange avec un appétit d'ogre, après
une bonne journée de marche.
| Ifrane - Nuit de camping sur l'aéroport |
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Cyril
et Manuel tentent une nuit à la belle étoile, tandis que Stéphane,
sans duvet, se gèle dans la tente au fond de son maigre sac à
viande.
Le commandant, lui, est revenu à la tour, pour y travailler encore
quelques heures.
Pour moi, le sommeil est rapide à trouver et la nuit s'annonce bonne,
bien que poisseux de crasse après cette escapade en nature. Pour cette
dernière soirée sur le sol d'Afrique - inch'allah -, j'aurais
aussi aimé prolonger un peu plus le rêve et plonger les miens
dans les étoiles; juste une dernière fois. Mais je connais mes
limites, et le mince duvet que j'ai ne sera pas suffisant pour m'éviter
le froid et l'humidité de cette nuit.
Suite du voyage... Grand saut d'Espagne