FÈS
- فـاس
Ville royale - 1/2
- GMAD -

Fès - La Médina


15 mai 2007

Le toit de la pension, auquel on accède par un étroit escalier de ciment, ressemble à une cour intérieure, pavée de tuiles et égayée d'arbustes. Au milieu s'étend une verrière qui accuse le poids des ans, fournissant tout de même à l'étage inférieur un puit de lumière bien venu, quoique semi opaque. La brise qui souffle ici fait s'agiter le linge qui pend aux fils traversant la terrasse, ou qui enjambe la rue et l'égaye d'encore plus de couleurs. Un muret nous en sépare, et nous avons loisir de l'observer ainsi grouiller de mille senteurs et de mille gens. À l'horizon et s'étalant plus bas, c'est la vieille ville et ses dédales de rue. À vrai dire, c'est plus une forêt d'antennes que nous dominons ainsi perchés, d'où émergent ça et là les minarets de nombreuses mosquées, pointés plus haut que la télé. Dans un coin, une chatte de la pension et ses quelques petits semblant avoir trouvés sur ce toit le calme - et les amis - qu'ils recherchaient.
Nous nous allongeons quelques instants, les uns sur le lit, les autres dans les chaises en plein air. On se sent bien, à moitié détaché du brouhaha de la ville.

Fès - Notre pension

Quelques minutes de repos et nous partons l'assaut des ruelles de la mystérieuse et grouillante médina, le long du "parcours bleu"; celui-ci suit tant bien que mal une minuscule ruelle tournicotante, bordée d'innombrable boutiques, partant parfois en sous-terrain, se divisant, retombant dans d'autres rue identiques, indiscernable du canevas complet du réseau de la vieille ville. Pour perdre un touriste, on n'a pas mieux trouvé.

Fès - Dans la rue

 

Fès - Plongée dans la vieille ville

Par une chance étonnante, nous arrivons à rester groupés et finalement sortir, fourbus mais vainqueurs, sur une grande place hors du mur d'enceinte. Un thé à la menthe est bien mérité, et nous trouvons place autour d'une table à la terrasse d'un café. Je profite de ces instants de répit pour sortir l'appareil photo et saisir comme je peux l'agitation extérieure, les visages des passants ou des habitués de la place; une manière de fixer un portrait volé de la vie alentours, des attitudes de chacun.

Fès - Pause thé

 

Fès - Portraits

 

Fès - Portraits

 

Fès - Portraits

 

Fès - Portraits

 

Fès - Portraits

Nous repartons à travers la ville, en quête d'une place invitante pour manger. Les cuisines de rues ne nous attirant pas outre mesure ce soir, nous nous enfonçons plus profond dans le dédale, sans même suivre les indications de l'aller. Nous verrons bien où nos estomacs nous entraîneront.

Le hasard nous mène finalement devant la porte d'entrée de la Médina... à cent mètres de notre pension. Cherchant en vain un resto qui ne sente pas trop le touriste, nous poursuivons notre recherche - décidément sans succès. Abdiquant, nous montons dans le premier venu, et trouvons une table en haut d'une tour jouxtant les remparts et surplombant la ville, éclairée dans la nuit. Au menu, couscous et pastilla. Pas si mauvais finalement.

Fès - De nuit

De retour à l'hôtel, les uns passent au hammam, les autres droit à la douche, qui déborde allègrement et commence à inonder le couloir de la pension. Pas facile de stopper l'hémorragie, et surtout de faire comme si de rien n'était.
Côté hammam, l'expérience s'avère moins physique que la veille : "ambiance virile, mais correcte", nous atteste Cyril, en nous dépeignant une belle scène d'un grand-père savonnant son petit fils. Dans la rue, des cuisines populaires nourrissent quelques malheureux, dans l'ombre discrète d'un échafaudage. Bientôt, il n'y a plus que les chats qui arpentent les pavés. Il est tard et la ville s'endort. Nous aussi.

Suite de la visite de Fès